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 « L’alliance de Dieu est inscrite dans notre cœur »

Jérémie 31

 

Introduction : L’alliance de Dieu est inscrite dans notre cœur, dans notre conscience, dans notre être. Dieu est présent en nous. Il grave Ses directives, Sa volonté, la conscience de son amour et de notre appartenance à lui dans notre chair, au plus profond de notre être.

C’est ainsi que se caractérise l’alliance nouvelle. C’est l’alliance d’hommes et de femmes, de sœurs, de frères, de compagnons, de compagnes. Une alliance où tous reconnaissent en Jésus le messager de Dieu qui a annoncée la vérité de Dieu aux hommes.

Le lien avec Dieu n’est plus un lien de distance et de crainte, mais en Jésus-Christ il est devenu un lien de proximité et d’amour. Dieu nous révèle son intention et sa vérité.

 

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Au temps des origines, du temps de l’Ancien Testament, Dieu avait pris nos pères par la main comme des enfants. Il les a lui-même sortis d’Egypte, sans leur demander leur reste, sans qu’ils le veuillent vraiment. Il leur a donné les 10 commandements et établi l’alliance avec Moïse.

Mais le peuple a rompu l’alliance. Comme des enfants qui ne comprennent pas le pourquoi. Ils ne voyaient pas que l’intention de Dieu était de les sauver. Les hommes jouaient avec la loi, incapables de distinguer le vrai du faux, Dieu des idoles.

J’inscrirai ma loi dans vos cœurs – dit du Seigneur au prophète Jérémie -. Elle sera gravée, précisée, comprise. Ma présence vous habitera et je serai là. Mon amour fera partie de votre vie, de votre être, de votre vous-même. Je serai Dieu pour vous et vous serez mon peuple.

Je ne serai plus votre régent. Je ne serai pas celui qui vous surveille. Je ne serai pas une simple image, une icône, une idée, une loi. Et vous ne serez plus des enfants qui suivent la loi par crainte ou par routine. Vous serez des hommes et des femmes libérés, libres, appelés à me suivre et reconnaissant de notre lien.

Je serai là dans vos cœurs – oracle du Seigneur – et vous me connaîtrez. Et moi, je vous connaîtrai aussi.

 

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Jérémie prophétise une alliance nouvelle qui réunit hommes et femmes, d’ici et d’ailleurs et des extrémités de la terre. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui et de tous les temps sont unis en Jésus-Christ, ils sont inclus dans un même amour, l’amour de Jésus et du Père. Quelle belle vision d’amour. Jésus est tout en tous. Dieu est présent à travers le crucifié.

L’alliance est dans nos cœurs. Dieu est là au plus profond de moi, dans mon cœur, dans ma chair, dans mon âme. Dieu inscrit son amour en moi. Sa vérité m’habite. Elle prend corps. Elle me prend, elle me transforme. C’est dans mon cœur, dans ma chair, dans ma profonde intimité, c’est là que se vit, et que se joue mon lien avec Dieu. Là qu’il m’illumine et que je peux vivre dans la joie la foi, l’espérance et l’amour.

Dieu me ressource. Le jaillissement de l’amour et de la vérité se font à l’intérieur de moi. Et moi je suis appelé à agir en conséquence de ce lien. Si je témoigne de ma foi, lorsque j’agis par amour et par solidarité, lorsque je m’engage dans la communauté, je le fais toujours comme une conséquence de l’amour reçu de Dieu. Ce sont les fruits, des semences de ce monde nouveau.

Il n’y a plus cette crainte de bien faire ou de ne pas mal faire, plus d’obligations ni de devoirs face à Dieu, plus de distance non plus. Je sais qu’il m’aime et à cause de cet amour, je me sens proche, je peux l’aimer et aimer ceux qu’il me donne de rencontrer.

 

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Jésus-Christ inscrit sa chair dans notre chair. Il vient dans notre vie. Dans nos tourments, dans nos doutes et dans notre fragilité il nous illumine de sa lumière. Son amour, sa vérité sont inscrits dans nos cœurs, nos tripes, nos esprits. Jésus nous révèle ainsi la gloire de Dieu, sa présence sur terre, son amour parfait. Il le fait de l’intérieur, comme un don à travers lequel il veut nous faire croître.

Dieu ne nous prend pas par la main. Mais Il nous appelle par notre nom et il nous invite à suivre Jésus, à nous mettre en route, comme des filles, des fils libres, décidés, prêts à cheminer avec lui, à aimer avec lui, à croitre avec lui, à espérer et à apporter l’espérance.

Dieu ne veut pas nous tirer de force. Mais nous appelle à la vie, à la libération, à l’espérance. Il nous conduit. Il nous incite à être nous aussi des créateurs, des créatrices, des d’amour, de vérité, d’espérance. Et ainsi de cheminer incessamment avec lui, avec persévérance. Nous sommes avec lui dans la joie et la confiance, avec lui, les porteurs, les porteuses de sa promesse et de sa grâce. C’est ainsi qu’il se révèle et qu’il nous délivre.

 

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« Exaudi, Seigneur écoute-nous. » Aujourd’hui, c’est le dimanche entre l’Ascension et Pentecôte, entre le moment où la présence physique et matérielle de Jésus a disparu et le don de l’esprit de Pentecôte. Dans ce moment de vide et de vulnérabilité : « Ecoute-nous Seigneur ! » Dans notre vie, faite de souvenir et d’attentes, de doutes, de peur et de fragilité et également de lumière et de grâce : « Ecoute-nous, Seigneur ».

Dieu vient inscrire en nos cœurs sa présence. Il ne le fait pas comme une main ou une béquille qui nous tirerait d’affaire, mais il nous offre une force de l’intérieur qui nous met en mouvement, chacun de manière autonome, vécue, censée. Il nous met en mouvement dans cette création qu’il aime tant et qu’il veut nous faire aimer aussi. Il nous appelle à participer avec lui à ce projet de vie et d’amour qu’il a si bien qualifié :

« Que tous soient uns comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi. Qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée et que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux. » (Jean 17)

 

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En conclusion


Vous allez peut-être me dire : c’est bien beau tout cela, mais que puis-je faire, que dois-je faire ? Surtout : que puis-je faire quand je suis triste, découragé, désespéré. Alors voici quelques petites suggestions :

 

1. Si nous avons des soucis ou de problèmes : N’attendons pas de Dieu des béquilles, ou des solutions miracles. Mais sachons qu’il nous accompagne, qu’il est près de nous, dans nos doutes, notre souffrance, notre fragilité, au cœur de nos existences et de tous ces moments.
Souvent il est présent à travers des amis qui nous écoutent, qui prennent soin de nous, qui nous donnent des signes de tendresse. Alors ne restons pas cloitré dans notre tristesse, mais ouvrons-nous aux autres.


2. Ne croyons, ne pensons jamais que nos problèmes sont des punitions de Dieu. Ce n’est pas ainsi que Dieu agit. Lorsque nous allons mal, n’ajoutons pas au mal des remords ou de la culpabilité. Mais disons à Dieu que nous ne comprenons pas, et demandons-lui qu’il nous aide.


3. Ne nous infligeons pas de devoirs ou des obligations face à Dieu et face aux autres, comme si ces obligations allaient nous sauver et nous rendre la vie meilleure. Si nous agissons, faisons-le avec conviction et joie, par reconnaissance, par amour.


4. Prenons le temps de nous laisser habiter par Dieu. Chacun à sa manière, par le silence, des promenades, des méditations, des lectures, de la solitude, parfois aussi dans l’écoute et la discussion. Soyons debout devant lui, face à lui, ouverts, réceptifs, adultes, prêts à nous mettre en mouvement.

 

Amen

                   


 

 Limpidité (Ex 24, 9 – 11)

 

Tout est clarté, tout est transparence. Limpide comme le fond du ciel. Un pavement de lazulite pur. Moïse, Aaron, Nadav, Avihou et les anciens d’Israël voient Dieu au-dessus de ce pavement limpide et pur. Ils le contemplent. Ils n’ont pas peur, car contrairement à ce que l’on craignait alors, ils ne vont pas mourir. Alors ils mangent et ils boivent.

Les hommes voient Dieu par-delà les pierres précieuses. Ils le contemplent au-dessus du pavement limpide et pur, au-delà du fond du ciel. Les hommes ne meurent pas, mais ils mangent et ils boivent. Ils célèbrent ainsi leur rencontre en présence de Dieu et concluent l’alliance avec Lui.

Tout est clair, pur, limpide. Les pierres sous les pieds de Dieu, le fond du ciel, une lazulite transparente. Dieu se révèle à Moïse et aux anciens d’Israël. Les hommes contemplent Dieu, le ciel, la pureté claire et limpide du fond du ciel. Ils ne sont pas frappés, ils ne meurent pas. Ils concluent l’alliance. Ils mangent et ils boivent en présence de Dieu.

La vision est majestueuse. Dieu et sous ses pieds un pavement de lazulite semblable au fond du ciel. Le Dieu d’Israël est visible. Il est séparé des hommes par une construction de pierre précieuses. Les hommes le contemplent. Il est au-delà du ciel, ils le voient à travers la clarté du fond du ciel.

 

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On ne sait pas si le pavement qui est sous les pieds de Dieu est fait de saphir ou de lazulite. Le mot hébreu utilisé, « saphir », est traduit tantôt par saphir et tantôt par lazulite. Toutes deux sont des pierres précieuses d’un bleu profond et intense. Le saphir est translucide et permet de voir à travers, alors que le lapis lazuli est totalement opaque. Si le pavement est composé de saphir, il laisse transparaître ce qu’il y au-dessus, en l’occurrence Dieu et sa majesté. En revanche, s’il est fait de lazulite on ne peut pas vraiment voir le Dieu d’Israël.

La question reste ouverte, mais le texte insiste sur la clarté et la transparence. Dieu se donne à voir. Il est au-delà du ciel, au-delà de nos pavements et de nos écailles. Il dépasse de loin nos miroirs et nos représentations.

Voir Dieu ne signifie pas mourir. La vie recommence sous le regard de Dieu. Dans une nouvelle perspective. Les hommes mangent et boivent pour celer cette alliance.

 

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Pierre, Jean, Marie, Madeleine et les autres disciples ont vu la croix plantée au sommet du Golgotha. Une croix noire sur un fond de couleur. Ils ont vu le rouge et la violence, le sang qui se mêle au ciel. La mort et le soleil obscur. Les disciples ont vu la croix, ils ont vu la souffrance, mais ils ne sont pas morts.

Au-delà de cette souffrance, ils ont vu, comme en transparence, les couleurs de Pâques, de la résurrection et de la vie. Jésus a transformé en arbre de vie la croix rigide et noire. En Lui elle devient porteuse de fruit.

Le noir et le gris, le brun et le rouge, le sang et la mort sont traversés de lumière. La clarté transperce le mal. Dieu est présent, il rayonne au fond de nos tombes et de notre mort. Les corps de terre et de boue deviennent transparents. La résurrection les transperce comme une promesse. Christ vient. Dieu est lumineux.

2017 et le mal est toujours présent. Des hommes et des femmes connaissent la violence et la guerre, certains doivent fuir et meurent sur la route de l’exil, d’autres sont humiliées et exploités. Et nous avons peur aussi, de la violence gratuite qui éclate sans préavis et qui nous meurtrit. L’enchainement de la souffrance n’a pas de fin.

Et pourtant, nous croyons que Dieu est présent au cœur de notre monde. Dans la souffrance et malgré la souffrance, à travers le mal et la douleur, rayonne la lumière du ressuscité. Il est là au cœur du mal, dans nos fragilités, dans nos blessures et notre désespoir. L’opacité est vaincue, Dieu guérit l’humanité. Sa lumière éclaire d’un jour nouveau sa création.

 

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Corps de lumière, transparent. Corps donné aux disciples et à nous aussi. Chair offerte pour la communion et le pardon de tous. Le repas du Christ scelle l’alliance nouvelle, celle de la libération et du monde nouveau. Les humains de tous les horizons sont invités. Dieu nous associe à la vie nouvelle, C’est un même chant, une même lumière d’espérance. Le pain et le vin sont donné à la multitude, comme gage d’éternité.

Le pain, le vin. Nous mangeons et nous buvons. Au-delà des apparences nous savons qu’il est présent parmi nous. Tu nous vois, Seigneur. « Du siehst mich ! » - c’est le thème du Kirchentag. Pour dire que Dieu prend soin de chacun de nous, il nous accompagne. Il nous associe à cette vie nouvelle. Il nous invite à porter là où nous sommes, son amour et sa vérité, à participer à son œuvre de renouveau et de guérison.

Moïse a vu le Dieu d’Israël au-delà du ciel limpide, les disciples ont reconnu Jésus lumineux vivant. L’histoire se renouvelle. Dieu nous permet de voir sa présence de lumière au-delà de la souffrance et de la mort. Par-dessus le noir et la souffrance, au-delà de la transparence du fond du ciel. La clarté de la vie nouvelle jaillit à la lumière de Pâques. Nous mangeons et nous buvons, nous sommes associés à lui et aux croyants du monde entier.

 

Amen


 

Le signe de Jonas (Matthieu 12, 38-40)

« Il ne sera pas donné d’autre que le signe du prophète Jonas.

Comme Jonas fut dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits,

ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. »

 

Lorsque Jésus a parlé du signe de Jonas, ses auditeurs ont été bien étonnés. Que veut-il dire avec cette vieille histoire d’un petit prophète qui s’est fait avaler par un gros poisson pour être recraché trois jours plus tard sur le rivage ?

Jonas, son nom signifie colombe. Il est la colombe de la promesse de paix. Il est sans le savoir celui qui annonce la vie nouvelle en Jésus ressuscité.

L’histoire de Jonas, c’est l’histoire d’un passage. Le passage d’une vie tranquille, assurée, régulière d’un petit prophète en Israël à une vie de mouvement, d’engagement, de promesse et de passion. Un passage douloureux, anéantissant, étouffant, angoissant. Trois jours dans le ventre d’un gros poisson, trois jours au fond de la mer. Et puis, il se fait recracher « tout nu » sur le rivage.

C’est le passage de la vie ordinaire à la vie nouvelle, libérée et en mouvement. Le passage d’une vie terne sans surprises à une vie de renouveau et d’engagement. Le passage à travers la disparition et la mort, vers une existence pleine de vie et de sens.

Le signe de Jonas, c’est bien sûr d’abord Jonas qui sort de l’eau et qui renaît à la vie. Mais c’est aussi la spectaculaire repentance des habitants de Ninive, qui, le roi en tête, demandent le pardon. Mais ce signe indique bien plus encore : Dieu revient sur ce qu’il a annoncé : il ne détruit pas Ninive, mais il sauve la ville. Dieu n’est pas celui du jugement, mais il est le Dieu du pardon et de la grâce.

 

jonas

 

Pour Jonas, ce passage n’a pas été facile. Ni dans le poisson et dans l’eau, ni lorsqu’il a été à Ninive annoncer le jugement de Dieu. Il a vécu et participé à une profonde transformation. La sienne, celle des habitants de Ninive, celle de Dieu aussi. Jusqu’à la fin Jonas n’a pas compris qu’à travers son histoire, c’est le pardon et la libération du monde entier qui étaient annoncés.

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« Il ne sera pas donné d’autre que le signe du prophète Jonas. Comme Jonas fut dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. »

Le signe de Jonas, c’est de passer trois jours dans le sein de la mer, ou dans le sein de la terre. Puis repartir, vivant, délivré, ressuscité. Partir pour aller annoncer le jugement et surtout le salut. Le signe de Jonas est un signe de vie, de résurrection et d’engagement.

Le signe de Jonas. Ce n’est pas le miracle que réclamaient les pharisiens. Mais ce signe est un message. Il n’y a pas d’autre signe, il n’y a pas de démonstration, car ce signe porte un message fort au service des autres. Il est porteur de la promesse de Dieu, du renouveau, du pardon, de la vie nouvelle.

Il ne sera pas donné d’autre signe que celui de Jonas. Il n’y aura pas de miracle pour prouver que Jésus est Dieu, pas de démonstration de force, pas de blingbling spirituel. Mais ce signe. Jésus passe de la mort à la vie, Jésus délivre les hommes et les femmes de toutes les nations. Il les sauve. En Jésus-Christ Dieu offre son pardon au monde entier.

Le signe de Jonas, c’est le passage d’une religion marquée par le jugement et la punition, à une foi faite de confiance en Dieu, en son pardon, en son renouveau. Dieu a changé : il n’est pas le Dieu du jugement, mais celui de la grâce et du salut.

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Le signe de Jonas. Il est trois jours dans un poisson au fond de la mer, puis il est recraché. Un passage. De la vie à la vie nouvelle. De la vie, à la mort et à la vie nouvelle. Ce n’est pas une partie de plaisir, ni de mourir, ni de ressusciter. Mais il s’agit d’une transformation. Jonas l’a faite un peu sans s’en rendre compte, en montrant toutes sortes de résistances. Il a été un prophète à notre image.

Un passage, une mort, un silence, la vie nouvelle. Jésus nous transforme. Le signe de Jonas, la résurrection nous ouvre sur une vie nouvelle. Il n’est pas facile d’être transformé, pour nous non plus. De nous laisser entrainer dans un poisson, au fond de la mer, au fond du trou peut-être, dans une remise en question fondamentale de notre vie. Pour être ensuite recrachés, à nouveau, vivants, mais nus et sans défense sur le rivage de la réalité.

Lorsque nous rencontrons Jésus, nous plongeons aussi, dans un certain sens. Dans l’anéantissement et la mort. La vie d’avant est terne et sans qualité. Elle ne porte ni sens, ni espérance. Ni goût, ni intensité. Trois jours et trois nuits sous terre dans la nuit, parfois bien plus, mais lorsque nous en sortons, nous sommes transformés par le Christ, nous sommes renouvelés, libérés, sur le chemin de Jésus, en mouvement avec lui. Dans une vie intense, une vie de lumière de confiance et de reconnaissance. Nous sommes en confiance devant Dieu, en lien avec lui, dans la joie d’une communion profonde avec lui. Nous sommes conscients de son pardon, du salut offert et de son amour.

Le signe de Jonas est un signe d’eau, le passage à travers l’eau et la découverte d’une vie libérée. Le baptême que nous avons célébré est aussi un signe d’eau. Pas un miracle, mais un signe qui porte la vie nouvelle.

Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie, écrit Paul dans l’épître aux Romains.

Le signe de Jonas est notre signe à tous, à toi petit Evan, à chacun de nous, le signe de ce passage de la mort à la vie nouvelle en Jésus-Christ, et du pardon que Dieu nous accorde en lui.

 

Amen


Dimanche 7 mai  2017

Prédication de Marco Pedroli   
Pasteur de la Communauté

 

Un feu qui brûle au-dedans de nous.

(Les disciples d’Emmaüs, Luc 24)

 

« Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait ? », se disaient les disciples après leur rencontre avec Jésus.

Un feu qui brûle au-dedans de nous. Un feu, une chaleur. Tout leur corps est pris. Leur personne toute entière. Ils sont à côté de Jésus vivant. Ils le sentent, mais ne le reconnaissent pas.

Le feu est le symbole de la force, de la puissance, de la passion. Le feu est toujours mystérieux, imprévisible, beau, chaud, vigoureux.

Lorsque nous nous sentons près de Jésus, c’est aussi comme un feu qui brûle au-dedans de nous. Une lumière. Une chaleur d’amour. Une force qui pousse à l’engagement. Un désir intense d’être avec Dieu.

C’était comme un feu qui brûle au-dedans des disciples. Le feu de la rencontre avec Jésus. Une lumière qui remplit leur corps, leur esprit, toute leur personne.

Le feu de Dieu. Cette chaleur immense qui nous habite au plus profond nos émotions. Jésus est ce feu qui donne le goût à la vie et à la rencontre des autres. Cette force qui nous met en marche.

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Jésus leur parle, et tandis qu’ils se souviennent de ce qui s’est passé, ils sont comme rempli d’un feu. Ils auraient tant aimé croire que Jésus soit toujours vivant. Que la croix avait été un cauchemar. Que sa mort n'était pas vraie. Que sa souffrance une illusion. Ils auraient tant voulu croire que ce que les femmes leur avaient raconté soit vrai.

Mais ils sont attachés à la réalité. Celle de la mort, de la souffrance, de l'esclavage sans fin. Leurs yeux sont cloués au sol, ils ne voyaient pas d'issue, pas de libération….

Et c’est au moment où Il leur échappe. Au moment du signe aussi, celui du pain rompu qu’ils Le reconnaissent, ils Le savent vivant. A partir de cet instant plus rien ne les arrêtera, et ils proclameront partout que le Seigneur est vivant.

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C’est Pâques. Nous voulons croire que c’est vrai : Jésus ressuscité, la vie nouvelle en lui. Christ, ce monde de paix, d'amour et d'espérance. Mais force est de constater que la vie reste la vie. Que la mort est toujours présente. Que la violence et la guerre sont des réalités avec leurs cortèges de souffrance, d'errements et de mort. Nous ne pouvons pas nous empêcher d'avoir à l'esprit ceux qui aujourd'hui souffrent, meurent, doivent fuir, ont peur, sont désespérés.

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Pour les disciples, le chemin d'Emmaüs est tout sauf un chemin de Pâques. C'est un chemin de tristesse, de deuil, d'angoisses aussi. Lorsqu’ils entendent parler le mystérieux compagnon, ils sont tristes. Mais ils aiment entendre l’histoire de Jésus de Nazareth. Et voilà au moment de se quitter, ils le reconnaissent. Ils ont la certitude d'une présence. Cette rencontre ne sort pas les disciples de la réalité. Elle n'efface pas l'horreur de ce qui se passe, mais elle ouvre sur une réalité autre, et qu’elle donne à la souffrance une autre perspective. Lorsqu’ils le reconnaissent, au pain rompu, la vie s’ouvre et ils iront partout, proclamer le Seigneur est vivant

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Le Christ ressuscité, le Christ vivant. Il est vivant pour nous, pour chacun de nous. C’est la promesse, d’éternité, de paix, de proximité avec Dieu pour chacun de nous et pour les hommes et les femmes du monde entier. C’est la réponse de Dieu et de la vie face à la mort et à l'injustice.

Le cri de Pâques : « Le Seigneur est vivant » est avant tout un OUI aux valeurs de Jésus-Christ. Un Oui à l’amour et à la vérité, qui sont les antidotes à la violence et à la guerre, à la souffrance et à la mort. Pâques indique la présence de Dieu dans nos souffrances, nos deuils, notre solitude. Le oui de Dieu proclame la délivrance et l'espérance.

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Notre vie est faite de ces deux réalités, si j’ose le dire ainsi :

D’un côté il y a nos questions, nos peurs, nos projets et nos espoirs. Nos propres cheminements de détresse, de solitude et de désespoir.

Et de l’autre côté la présence de Jésus. Nous ne le reconnaissons souvent pas. Il reste mystérieux et invisible. Pourtant Jésus est comme un feu qui nous touche au plus profond de notre être. Il est vivant parmi nous, présent. Il nourrit notre espérance, notre attente de la promesse de vie nouvelle.

Comme les disciples sur le chemin de Emmaüs, nous sommes là avec ce compagnon mystérieux qui nous rappellent que Dieu nous aime et qu’il est fidèle. Il partage le pain et crée ainsi une nouvelle communauté. Son pain qui a le goût profond de la vie.

Assemblée communautaire

Lorsque nous le cherchons, et que nous nous imaginons qu’il doit venir et comment il doit venir, Dieu n’est pas là, il est si loin. Et voilà, c’est bien souvent lorsque nous ne l’attendons pas que Jésus vient. Il nous surprend et nous répond alors que nous n’attendons plus rien. Nous sommes accompagnés même lorsque nous ne le voyons pas et que nous ne le comprenons pas. Même lorsque la vie est compliquée. Il chemine avec nous.

Jésus nous met en lien avec Dieu et les uns avec les autres. Il nous offre le signe du pain et du vin, il nous invite au partage et à la communauté. Il est comme un feu d’espérance qui donne goût à la vie. Le goût des découvertes, de la recherche, de la présence et de l’amour de Dieu.

 

Amen